La fin des théories : le déluge de données et la méthode scientifique (Gabriella Crocco)
Le 15 janvier 2026, de 10h30 à 12h, Gabriella Crocco (CGGG) fera une présentation dans le cadre du séminaire PhilosophIA. La séance aura lieu en salle 2.44 de la Maison de la Recherche.
Titre de l'intervention :
La fin des théories : le déluge de données et la méthode scientifique
Résumé de l'intervention :
Dans son article « La fin des théories : le déluge de données rend la méthode scientifique obsolète », Chris Anderson nous présente les enjeux du numérique tels qu'ils sont perçus par les GAFAM. Il nous offre ainsi une perspective explicite sur l'impact des Big Data sur l'avenir de la science.
D'une part, il soutient que l'essor des capteurs omniprésents, la capacité de stockage de plus en plus importante des dispositifs informatiques et l'utilisation croissante de la technologie des nuages de processeurs sont en train de transformer radicalement la manière dont les individus, les organisations et les secteurs économiques traitent les données. D'autre part, il est convaincu qu'au fur et à mesure que notre corpus de faits et de chiffres s'étoffe, la possibilité de trouver des réponses à toutes nos questions s'accroît, car nous sommes entrés dans l'ère du big data. À l'échelle des milliards de milliards d'octets que nos banques de données sont capables de stocker, toute analyse théorique, sémantique ou causale deviendrait ainsi superflue.
Dans le cadre de cet exposé, nous nous attacherons à proposer quelques éléments d'analyse critique, tant théorique que épistémologique, de telles affirmations. Ces éléments permettront de mettre en lumière les biais idéologiques (au sens Canguilhèmien du terme) inhérents au discours d'Anderson, ainsi que les dangers que représentent les stratégies des GAFAM pour l'avenir de la science.
