Pôle 3. Ontologies du présent
Présentation du pôle 3.
Le pôle 3 du CGGG, intitulé Ontologies du présent, rassemble des recherches qui visent à identifier, comprendre et questionner les phénomènes complexes qui émergent du monde actuel. Trois positions traversent et structurent les travaux du pôle :
(1) le monde contemporain impose à la philosophie des nouvelles thématiques – la crise écologique, les nouvelles technologies, les transformations des démocraties ou des systèmes de croyance – qui invitent à la construction de nouveaux objets de connaissance (de nouvelles ontologies) et de nouveaux outils d’analyse qui leur sont adaptés ;
(2) l’analyse de ces objets doit s’articuler à l’histoire des idées philosophiques – la nature, la société, la croyance, l’image, la normativité, la technique – et à l’étude des phénomènes concrets, voire au travail de terrain ;
(3) la réalité que nous vivons se présente comme une constellation dont la complexité peut être saisie à condition d’adopter une approche interdisciplinaire pouvant aller jusqu’à une ouverture sur l’expérience et les savoirs de la société et une orientation vers un engagement auprès d’elle.
La réflexion philosophique menée au sein du pôle 3 ambitionne ainsi de participer à la construction collective de l’émancipation et d’assumer un rôle de transformation conceptuelle, méthodologique et normative.
Thèmes de recherche :
1) Esprit, langage et croyances
Les chercheurs réunis sous le thème « Esprit, langage et croyances » explorent les structures de la pensée à l’intersection de la philosophie de l’esprit, du langage, de la perception, de l’esthétique et de la logique. Tout en gardant nos spécialités respectives, nous partageons un engagement envers le décloisonnement disciplinaire et le dépassement du clivage historique entre les traditions analytique et continentale. En combinant rigueur formelle et étude empirique, nous visons une « écologie de l’esprit », capable de saisir la genèse du sens et des représentations mentales dans toute leur complexité systémique.
Notre démarche s’inscrit dans une volonté d’intervention active dans le débat contemporain. En examinant les mécanismes de formation des systèmes de croyances, nous cherchons à comprendre les mutations épistémiques de notre époque. Nous nous efforçons d’élucider comment les interactions entre expérience sensible et structures logico-linguistiques façonnent nos adhésions collectives.
Spécialités : philosophie de l’esprit, philosophie des sciences sociales (M. Le Du), esthétique, théories de l’image (G. Di Liberti), philosophie de la logique, du langage, et de l’esprit, métaphysique contemporaine (S. Motta).
2) Philosophie de l’environnement
Les problématiques et les enjeux environnementaux forment une thématique d’étude dont le caractère intrinsèquement et inévitablement pluridisciplinaire, à la croisée de le l’épistémologie, de l’éthique et de la philosophie politique, fait écho à l’ambition de transversalité qui caractérise le CGGG, et qui prend la forme, en contexte de crise écologique, de réflexions qui ont l’ambition de s’ancrer dans une profondeur historique pour mieux penser les nouveautés, disruptions, innovations et émergences du présent.
Spécialités : éthique de l’environnement (B. Morizot, Y. Meinard), STS et sciences de l’habitabilité (S. Dutreuil), sciences sociales de la conservation et économie de l’environnement, gestion participative de la biodiversité (Y. Meinard).
3) Normes et société
Dans le thème « normes et société », la réalité contemporaine est appréhendée comme une constellation de pratiques, de discours, d’institutions et de rapports de pouvoir, dont la cohérence ne peut être saisie qu’au prix d’un dépassement des frontières disciplinaires. Les normes qui structurent nos sociétés – juridiques, morales, scientifiques, techniques ou sociales – ne sont pas seulement des cadres abstraits : elles engagent des manières de vivre, de juger, de croire, d’agir et de se reconnaître, et affectent concrètement les trajectoires individuelles et collectives. Elles prennent corps dans des cadres situées, des dispositifs matériels, des controverses publiques et des expériences vécues, souvent marqués par des tensions, des vulnérabilités et des conflits de légitimité. L’analyse philosophique s’ouvre ainsi aux sciences sociales, aux enquêtes de terrain et aux savoirs situés pour comprendre comment les normes se construisent, se naturalisent, sont mises à l’épreuve ou contestées par les acteurs eux-mêmes. Cette ouverture engage la philosophie dans un rapport attentif et responsable à la société, où la réflexion critique sur les normes s’articule à une compréhension fine des expériences humaines et à un souci d’émancipation inscrit dans les conditions sociales, politiques et symboliques de leur transformation.
Spécialités : philosophie du travail (M. Cairo), approche foucaldienne du pouvoir (M. Cairo, Y. Meinard), theories critiques (A. Biancarelli, Y. Meinard)
