Bases neuronales des « prédispositions » mathématiques : évaluation des études chez le primate non-humain

Dans cet article, nous évaluons la thèse d’une compréhension innée des quantités chez le nourrisson, supposée ancrée dans des neurones du cortex pariétal et mise en avant par des études menées chez le primate non-humain. Après un entraînement préalable dont on ignore totalement ce qu’il engendre dans le cerveau, des singes macaques distinguent des quantités de disques qui leur sont présentées visuellement. Des neurones « comptables » sont identifiés mais les potentiels d’action qu’ils émettent sont peu nombreux ou peu discriminants. Leur inactivation pharmacologique n’altère pas les performances numériques ou de discrimination visuelle. Nous soulignons plusieurs manques de rigueur méthodologique : absence de lien causal entre activité neuronale et comportement, confusion entre données hémodynamiques et activité neuronale. La popularité d’une thèse ne garantit pas sa validité. Les mathématiques, en tant que construction sociale et historique, ne sauraient se réduire à une base biologique innée.
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