Le philosophe et l’antiquaire. Diderot et la querelle de la peinture en cire
En 1755, quelques mois seulement avant la publication du cinquième tome de l’Encyclopédie, contenant l’article « Encaustique » signé par le mystérieux M. Monnoye, Diderot fait paraître un petit pamphlet intitulé L’histoire et le secret de la peinture en cire. Dans ce texte, il présente le procédé découvert par Jean-Jacques Bachelier, provoquant ainsi la réaction du comte de Caylus, qui avait annoncé la redécouverte de l’encaustique antique sans toutefois en divulguer la méthode. Bien que l’ouvrage de Diderot conserve un caractère technique, voire anecdotique, les circonstances de sa publication revêtent un intérêt particulier. Elles illustrent de manière exemplaire l’attitude singulière du philosophe à l’égard de l’héritage antique. Se manifeste alors une vision proprement moderne de l’Antiquité chez Diderot, qui transpose les enjeux de la Querelle des Anciens et des Modernes tout en s’inscrivant dans une réflexion naissante sur les fondements antiques de la modernité, qui débutera la même année avec la publication des Réflexions sur l’imitation des œuvres grecques dans la sculpture et la peinture de Winckelmann.
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